Le grand secteur de l’Environnement reste incontestablement en France celui de la recherche et de l’innovation. Mais comme souvent lorsque l’on croit manquer d’expérience, on a du mal à passer à l’acte, on piétine, on procrastine… L’innovation, ça se paye, ça se mérite et ça doit respecter la casse, les tentatives, les erreurs… Mais nous ne bougeons pas assez dans ce domaine ; nous sommes constamment ralentis par les marchés publics (et même privés) et leurs règles qui n’autorisent pas assez l’audace et donc l’innovation ! De plus, les prestataires dans nos métiers de l’écologie appliquée ne sont pas assez évalués, tracés et tout le monde peut aujourd’hui s’improviser praticien du génie écologique. Et les abus et impostures ne sont pas assez réprimés… Tout est donc possible, et on a tendance dans ce business effréné, à en oublier nos responsabilités… et la finalité reste pourtant la nature, et dans ce fleuve déchainé, nous jouons avec elle !

A l’issue de tâtonnements et de mutations profondes et souvent heureuses de notre Droit de l’Environnement, et encore plus ces dix dernières années, avec l’arrivée en fin de course de la Loi Biodiversité de 2016, nous avons aujourd’hui la chance de ne plus pouvoir « jouer » sans que certains porteurs de projets aient de bons motifs de sortir du jeu. Les contrôles s’intensifient depuis l’accompagnement, l’instruction et même après l’obtention des autorisations administratives des projets économiques ! C’est dire que l’environnement n’est plus seulement une préoccupation sociale axée sur le cadre de vie, mais rentre véritablement dans nos obligations réglementaires prioritaires et quotidiennes. Les recours pleuvent et deviennent de sérieux obstacles à un développement « hormonal » de nos territoires. A l’heure actuelle, il ne suffit plus de connaître un Député ou un Préfet pour être certain que son projet aboutira, purgé de tous recours… Aujourd’hui, un projet se mérite. Et le plus grand facilitateur ou, a contrario, le pire adversaire du projet, c’est le territoire lui-même. Aujourd’hui, un bon projet est un projet qui reçoit l’acceptation durable du territoire qui le porte. Il faut donc toujours une bonne dose de stratégie, mais encore plus de respect des sociétés et de leurs patrimoines locaux, et une dose encore plus forte de démonstration de ce respect. Aujourd’hui, il faut savoir faire accepter, à ceux qui nous invitent, la raison du projet, son intérêt collectif (et non l’intérêt privé) et savoir démontrer proprement qu’il est le fruit d’un équilibre durable entre les hommes et le territoire : le projet doit être configuré pour être de moindre impact environnemental (au sens de tous les items - la liste est longue - l’optimisation des transports, le choix des matériaux recyclables et intégrés, les circuits courts, la préservation du paysage, le respect des matrices écologiques et agricoles…). Et tout le monde (pouvoir et contre-pouvoir) vient juger cela le moment venu… On parle alors d’un bon ou d’un mauvais projet. On aime ou on attaque…

La composante environnementale ne reste encore qu’une une simple variable d’ajustement de nombreux projets mais elle devient aujourd’hui un élément de progrès de nombreux autres et plus seulement une contrainte. Travailler et co-construire son projet dès son ébauche sur la matière vivante fait réfléchir de plus en plus de maîtres d’ouvrages, qui partagent aujourd’hui avec tous leurs conseils des stratégies qui visent très en amont des redéfinitions de leur projet (variantes, éco-conceptions, intégration paysagère…), l’acceptabilité environnementale et notamment sur le respect de la nature, la biodiversité et les fonctionnalités écologiques. C’est tout l’art du compromis et c’est une chose acquise chez de nombreux acteurs aujourd’hui, ce qui est rassurant !

Certes, les lois sont bien là maintenant et inconscient est celui qui les sous-estime ou souhaiterait les contourner ou les ignorer… ! Mais force est de constater que les comportements changent et que ceux qui s’obstinent à vouloir passer en force et sans le respect des règles et des normes environnementales, ne franchissent plus aussi facilement la ligne d’arrivée !

Nous entrons dans une période faste pour notre filière de l’écologie et du génie écologique, filière qu’ECO-MED essaye de représenter notamment dans le sud de la France avec ses partenaires et confrères du métier.

Tout porte à croire que notre montée en puissance, notre prise de conscience collective dans un échiquier complexe, propre à chaque territoire, les améliorations continues de nos méthodes et l’accroissement de nos retours d’expériences vont peu à peu permettre de serrer la vis à cette filière encore trop opportuniste et amateure, et surtout trop peu consciente de ses responsabilités et de ses pouvoirs bienfaiteurs sur l’humain et le reste de la vie terrestre.

 

 

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